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La faune sauvage : le sanglier

 

Présentation du sanglier

 

 

Le sanglier est un mammifère appartenant à la famille de suidés ayant une activité essentiellement nocturne. Ils vivent en petit groupe dirigé par une laie appelée « meneuse ». Vers l'âge de 4 ou 5 ans les mâles quittent les groupes et deviennent solitaires. Son régime alimentaire omnivore se compose principalement de glands, fruits, tubercules, racines, vers de terre, petits rongeurs et animaux morts. Cet animal est inscrit dans la liste des espèces « nuisibles ».

 

 

Le rôle écologique du sanglier

Bien que les chasseurs aimeraient nous le faire oublier afin de pouvoir les chasser au maximum, il est important de se remémorer que chaque espèce possède un rôle écologique à jouer.

 

« Le sanglier semble jouer des fonctions complexes et importantes au sein des écosystèmes qu'il fréquente. Il aère et dé-colmate les sols forestiers en recherchant tubercules et champignons, dont les truffes et en particulier la truffe Elaphomyces granulatus dont il contribue à diffuser les spores. Or ce champignon joue un rôle probablement important dans la structure des sols et en matière de mycorhization. Quand le sanglier creuse sa souille et s'y roule, et quand il se frotte sur les arbres, il se débarrasse de ses parasites, mais contribue aussi à disperser des spores et graines enfouies il y a des décennies voire des siècles, qui pour certaines ont conservé leurs propriétés germinatives (« crypto-banque de graine du sol »). Il peut lors de ses déplacements, en quelques heures, les transporter et littéralement les « semer » jusqu'à des dizaines de kilomètres à la ronde (un sanglier peut parcourir 20 à 30 km en une seule nuit). Ces graines et spores étant entourées de boue et réchauffées au contact de son corps ont plus de chances de germer. »

 

Il participe également à l’introduction de l’humus dans le sol avec son groin, et élimine de nombreuses larves :

 

« En Pologne, toute chasse au sanglier est interdite dès que certaines espèces de lépidoptères (insectes) se répandent. La menace que ces parasites représentent pour les arbres est alors efficacement écartée. »  Roland M. Libois, scientifique à Université de Liège

 

Ainsi, le sanglier est une espèce ayant un rôle écologique important à jouer (revitalisation des sols forestiers, dispersion des spores et graines, élimination des larves et autres parasites, etc.). Si elle est très chassée en France, de nombreux pays ont heureusement compris l'utilité de cette espèce pour la faune, la flore et les milieux.

 

 

Surpopulation et dégâts aux cultures ?

Pour tenter de se justifier, les chasseurs évoquent sans-cesse une soi-disant surpopulation de cette espèce.

 

Les chasseurs agrainent les sangliers : ils mettent annuellement à leur disposition des tonnes de maïs et parfois des pommes. Bien sûr, ils prétendent faire cela pour fixer les sangliers dans les forêts afin d’éviter qu’ils aillent dans les cultures. Mais ce système est une aberration : Les laies, ainsi bien nourries, se reproduisent beaucoup plus. Le nombre de portées par an est donc augmenté, et celui des petits par portée est lui aussi plus élevé !

 

Ainsi, ce sont les chasseurs qui créent volontairement de soi-disant surpopulations de sangliers, en les agrainant, afin de pouvoir les chasser plus. Les laies bien nourries se reproduisent donc beaucoup plus.

Mais le comble est que les chasseurs tentent de se faire passer pour des « sauveurs des agriculteurs », pour de « braves régulateurs, généreux et indispensables » !

 

Les dégâts sur les cultures occasionnés par les sangliers sont généralement très localisés, et ils sont surtout facilement évitables par de nombreux moyens de prévention. Par exemple, le dépôt de répulsif, moyen peu onéreux et facile d’installation, s’est avéré très efficace. Certains agriculteurs ont aussi installés un fil électrique (à 30 cm de hauteur) autour des champs, une pratique qui fut un succès.

D’autre part, il ne faut pas oublier que les agriculteurs sont entièrement indemnisés pour ces dégâts, donc les sangliers détruisant quelques épis de maïs ne leurs causes aucune perte financière.

 

Il est bon de savoir que cette politique d’agrainage que pratiquent les chasseurs, en plus de fortifier leur population, rend les sangliers "accros" au maïs, qui vont donc ensuite se nourrir directement dans les champs !

 

Les dégâts sur les cultures produits par les sangliers sont donc facilement évitables, par des moyens préventifs simples d’installation et peu onéreux (répulsif, fil électrique, etc.).  De plus, ces dégâts sont entièrement indemnisés. Ainsi, les sangliers ne causent donc aucune perte financière aux agriculteurs.

 

Le chasseurs sont, en grande partie, responsables des soi-disant surpopulations de sangliers, puisqu'ils les agrainent. Les laies ainsi bien nourries se reproduisent beaucoup plus.
Il est également bon de savoir que chasser les sangliers en forêt signifie les perturber et les faire fuir hors de leur milieu naturel, donc près des villes, sur les routes ou... dans les champs.
Enfin -c'est le plus élémentaire bon sens écologique-, comme la ressource en nourriture reste disponible, les sangliers "régulés" n'ont aucun mal à reconstituer leur population d'une année sur l'autre, et tout est à refaire... En réalité la "régulation" ne consiste qu'à traiter les symptômes sans s'attaquer au mal, à savoir que les sangliers ont suffisamment à manger. Interdisons l'agrainage, clôturons les champs de maïs (fils électriques) où ils se nourrissent et laissons les sangliers en paix, c'est la seule solution qui permettra de supprimer efficament les dégâts aux cultures tout en stabilisant leur population.

 

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