Présentation du blaireau

Le blaireau, espèce appartenant à la
famille des mustélidés, habite dans un terrier. Son régime alimentaire est essentiellement
composé de vers de terre et végétaux (fruits, céréales, tubercules,
champignons). S’y ajoutent également quelques taupes, petits rongeurs et
insectes. Il se nourrit de manière très occasionnelle d’un œuf ou d’un
oisillon. Il cohabite souvent avec d’autres espèces au sein du même terrier :
renards, lapins, martres, parfois des chats forestiers, voire exceptionnellement
avec des loutres. C’est pour cela que le déterrage des blaireaux, pratique de
chasse cruelle et arriérée, est très
perturbatrice pour la faune.
Que lui reprochent les chasseurs ?
-De commettre des dégâts aux cultures
Les
dommages aux cultures sont très minimes et souvent exagérés. Au contraire, les
blaireaux aident les paysans en détruisant de nombreux vers blancs. De plus, la
simple installation d’un fil à 15cm de hauteur empêche l’accès aux blaireaux.
Les répulsifs se sont aussi montrés très efficaces.
-D’affaiblir les terrains avec ses terriers
On
lui reproche quelquefois d’affaiblir les digues. Les terriers sont la plupart du temps creusés
en forêt ! Et s’ils demeurent gênants, il suffit simplement de faire fuir leur
propriétaire en déposant des tissus imbibés de répulsif non polluant, et de
reboucher les trous. Il n’y a aucune nécessité de tuer l’animal. D’ailleurs,
déterrer l’animal serait absurde : cela abîmerait bien plus la digue !
-De se nourrir d’œufs et d’oisillons
Des
études montrent que la prédation sur les œufs et les oisillons est rare. De
plus, les chasseurs auraient-ils oublié que c’est justement le rôle des
prédateurs naturels ?
-D’être atteint de tuberculose bovine
Entièrement
faux, aucun cas de tuberculose bovine n’a été constaté sur les blaireaux en France !
Comme son nom l’indique, mieux contrôler nos animaux d’élevage pourrait éviter la contamination de la faune sauvage.
-De proliférer
Les
effectifs des blaireaux sont au contraire en diminution dans la plupart de nos
régions. D’autre part, cette espèce possède un processus d’autorégulation et ne
peut donc pas proliférer :
« Le blaireau a une
dynamique de population calme. Si on a une population théorique de 100
individus, elle va être constituée de 50 mâles, 50 femelles. On a constaté
qu'en moyenne, 1/3 des femelles mettent bas chaque année. Sur cette population,
on aura donc 16 femelles qui vont mettre bas chaque année, produisant chacune
d'entre-elles en moyenne 2,5 jeunes, c'est-à-dire une production en jeune de 40
individus par année. Donc théoriquement, la population pourrait passer à 140
individus. Ce qu'il faut savoir, c'est qu’en moyenne 50% des jeunes meurent
lors de la première année, ce qui réduit notre population à 120 individus.
En retirant les individus adultes qui vont mourir naturellement (cela concerne 5
à 10 individus), on obtient une croissance potentielle de 5 à 10%. Mais cette
croissance est purement théorique, et ne tient pas compte du fait que la
mortalité routière a un impact assez important. Si on tient compte de la
moyenne européenne au niveau de la mortalité routière, qui est d'environ 20%, on a au final une population de blaireaux
qui va rester stable au fil des années. Et bien sûr, si l'impact de la chasse
vient s'ajouter à cela, on a des possibilités d'avoir des populations de
blaireaux qui vont diminuer. » Emmanuel Do Linh San, Biologiste,
spécialiste du blaireau depuis 1994.
Ainsi, les dégâts du blaireau occasionnés
aux cultures sont très minimes et facilement évitables (dépôt de répulsif, fil à
15 cm, etc.). Cette espèce ne pose aucun problème pour la faune, sa prédation
sur le « petit gibier » est très faible et tout à fait naturelle et
nécessaire. De plus, cette espèce n’a pas à être « régulée » puisqu’elle
ne peut pas proliférer, car elle est munie d’un processus d’autorégulation
(démonstration ci-dessus). De plus, ses effectifs sont en baisse dans la
majorité de nos régions.
Rien ne justifie la persécution du blaireau !
Espèce en déclin et protégée dans de nombreux pays
Le
blaireau est une espèce très fragile, ses effectifs sont en diminution dans de
nombreuses régions françaises. Il est ainsi protégé dans la plupart des autres
pays : Espagne, Grande-Bretagne, Luxembourg, Italie, Belgique, Pays-Bas,
Danemark, Grèce, Irlande, Portugal...
Mais
visiblement, cela n’a pas l’air d’inquiéter les chasseurs français, qui
continuent à le détruire, à organiser des championnats de déterrage de
blaireaux, et qui vont même jusqu'à demander son inscription dans la liste des
animaux « nuisibles » !

Le blaireau doit devenir une espèce
protégée en France !